Mark Lanegan, artiste solo
Proposé par XOff-109763 le 20/09/2008
Sortant tout juste d’une overdose musicale Laneganienne qui dura une bonne quinzaine de jours, je profite des effets toujours présents de cette drogue là, pour vous parler de l’une de mes plus belles découvertes musicales.
Connaissant auparavant la participation de Lanegan au sein des Screaming Trees et des Queens Of The Stone Age, je n’ai réellement découvert l’artiste qu’avec l’excellentissime album "I’ll Take Care Of You" qui, de prime abord m’a littéralement fascinée. Ce quatrième opus d’une discographie solo paru en 1999 chez Sub Pop, n’est autre qu’un album de reprises folk (d’artistes tels que Tim Hardin, Buck Owen, Brook Benton et surtout Jeffrey Lee Pierce que Lanegan affectionne particulièrement.) interprétées avec le plus grand brio que l’on puisse imaginer. Nous avons droit ici à une avalanche de sensations et sentiments différents véhiculés par cette si éblouissante voix, allant d’une intonation rassurante et libératrice (Carry Home), langoureuse et décidée (I’ll Take Care Of You), au summum de la tristesse et de la fatalité (Shanty man’s life) pour atteindre une certaine tendresse et supplication (Consider Me). Saluons aussi la nonchalance et la (magique) nostalgie que dégage Shilow town.
Mais, avant et après cet album là, plusieurs bijoux sonores ornent la discographie de Lanegan. Penchons nous donc sur l’imposant parcours solo du Monsieur :
En 1990, Mark Lanegan est alors membre à part entière des Screaming Trees, et a déjà sorti quatre albums avec le groupe, pourtant, avec Kurt Cobain, et Krist Novoselic, il forme The Jury. Un groupe reprenant les chansons du bluesman Leadbelly. Malheureusement, le projet n’aboutit à rien et est vite abandonné.
Néanmoins, les deux musiciens collaboreront tout de même avec Lanegan et figureront sur son premier opus (Novoselic tiens la basse sur Where Did You Sleep Last Night et Cobain chante sur Down in The Dark) sorti la même année chez Sub Pop et appelé The Winding Sheet. Un disque plutôt bon dans l’ensemble quoiqu’un peu brouillon et pas vraiment transcendant. De très bonnes chansons y figurent, je pense notamment à Ugly Sunday et son atmosphère totalement sombre, ou à l’excellente The Winding Sheet et son chant chargé d’intensité. D’autres titres sont au contraire fort dispensables, tel que Eyes Of A Child que je trouve à mon sens plutôt ennuyeuse.
Figure également sur l’album une reprise de Leadbelly (quelle surprise!) qui n’est autre que la magnifique Where Did You Sleep Last Night réinterprétée avec brio.
Quatre années plus tard, Whisky For The Holy Gost sort. Une véritable perle dans la vaste discographie de l’artiste. L’opus transpire le mal de vivre, la mélancolie et la tristesse. La chose commence calmement sur de drôles de sifflements qui laissent bien vite place à un doux morceau très bien interprété. Le ton n’est donné qu’à partir de Borracho. Mon favori. Un titre d’une intensité surdimensionnée, d’une voix inhumaine de part sa force et complètement bluffante. Les textes de Lanegan sont d’une qualité indéniable. Extrait :
Here comes the devil, prowl around
One whiskey for evey ghost
And I'm sorry for what I've done
Cause it's me who knows what it cost
It breaks and it breathes, and it tears you apart
It bites and it bleeds
And this desert turns to ocean over me
Kingdom Of Rain quant à elle, incarne le malheur et la tristesse à l’état pur. Le chant n’y est d’ailleurs pas comme à son habitude. Pas spécialement fort, pas violent et pas tellement vif, mais plutôt doté d’une douceur et d’une tendresse qui vous feraient presque chialer.
Saluons la prestation vocale de Lanegan sur la poussiéreuse Riding the Nightingale semblant sortir tout droit d’un mauvais rêve angoissant.
Le merveilleux cheminement de l’album continue avec Dead On You qui passe comme une lettre à la poste. Qui peux résister à une sinistre et si jolie ballade ?
L’album prend fin sur Sunrise une super chanson pleine de la nostalgie transportée par des notes de saxophone.
Un excellent album donc, beaucoup plus travaillé que le précédent, et usant d’instruments musicaux plus variés.
1995, Mike McCready (guitariste de Pearl Jam) et Layne Staley (chanteur d’Alice In Chains) fondent Mad Season. Ces derniers inviteront alors Lanegan à les rejoindre sur ce projet, chose qu’il fit en posant sa voix sur les deux superbes morceaux que sont Long Gone Day et I’m Above et qui figurent sur l’unique album du groupe Above. Album qui soit dit en passant est un pur chef d’œuvre. Absolument rien à jeter.
Alors, Long Gone Day est l’archétype du titre mélancolique à souhait que l’on écoute en rêvassant un soir d’été, alors que l’air est tellement sec qu’il vous en coupe presque le souffle.
L’énergique I’m Above et son indélébile refrain est sans aucun doute l’un des titres les plus réussis de l’album, le voix de Lanegan y est tout de même plutôt effacée mais néanmoins reconnaissable.
Cette année là, Johnny Cash lui proposa même d’ouvrir pour lui lors des deux concerts qu’il donnât à Seattle. Lanegan accepta bien entendu, et les deux soirées furent fort réussies.
Il faudra attendre 1998 pour pouvoir entendre à nouveau le bonhomme chanter en solo (car durant ces trois années d’absence, les Screaming Trees sortiront Dust leur septième et dernier album).
Ce troisième opus s’appelle donc Scraps at Midnight et est au moins aussi superbe/mélancolique/beau que le précédent. Un album dont on ne se lasse pas facilement, et dans lequel on trouve toujours un petit quelques chose à redécouvrir que l’on aurait manqué lors des précédentes écoutes. Une atmosphère bien particulière vous possède et vous malmène tout au long du disque, mais on ne peut s’empêcher d’en redemander encore et encore.
A noter le superbe morceau Last One In The World à travers lequel Lanegan exprime sa tristesse et son malheur face à la perte de deux de ses amis, Kurt Cobain et Jeffrey Lee Pierce :
Goodbye my friend, thank you for the dream
The last one in the world
I hear you cry
But let's not waste this night
The last one in the world
En 1999, sort I’ll Take Care Of You, un album rendant hommage à la musique folk qui berça l’enfance le Lanegan.
Le cinquième album sort enfin en 2001 et se nomme Field Songs.
Dès le premier titre, on remarque qu’il y a du changement. Le son est plus clair, plus net et plus mature. On suppose que Mark va de l’avant.
One way Street est d’une exquise douceur, et nous annonce dores et déjà que l’album sera beau.
No Esay Action est un titre bien particulier. Lanegan y déverse ses mots avec fureur, en les entremêlant à de mystiques voix féminines. Le mariage est fantastique.
S’enchaînent une suite de langoureuses chansons ou l’on se délecte encore et toujours de cette si particulière manière de chanter que seul Mark a.
Kimiko's Dream House (écrite en collaboration avec Jeffrey Lee Pierce peu de temps avant sa mort) est certainement l’une des plus délicieuse ballade de l’album.
Lanegan nous livre encore une fois un excellent opus dont on peut difficilement se passer.
Sort en 2004 le sublimissime Bubblegum sur lequel ont participé Nick Oliveri, Greg Dulli, PJ Harvey, et Josh Homme entre autres. Album encore une fois différent des autres, plus hargneux, plus électrique.
Des titres comme Hit The City, Métamphétamine Blues, Head ou encore Death Valley Blues sont totalement explosifs ! Des riffs de guitares endiablés, des rythmes effervescents et toujours cette voix ravageuse.
Et évidemment, présents sur l’album, des titres plus tristes et calmes dans le style du magnifique Wedding Dress ou encore Come To Me.
L’album contient aussi un titre plutôt intriguant, un certain Can’t Come Down. Le chant y est imperturbable, décidé et posé tandis que le rythme et les riffs sont oppressants, suffocants et menaçants. Le plus intriguant réside dans le fait que le titre est une réussite totale. Mon gros coup de cœur de l’album.
Mark Lanegan a également collaboré avec Isobel Campbell (ex-Belle & Sebastien) à deux reprises et a donc sorti Ballad of the Broken Seas et Sunday at Devil Dirt.
Il a de plus, enregistré un album (Saturnalia) et un EP (Adorata) en compagnie de Greg Dulli (Afghan Whigs) sous le nom des Gutter Twins.
Ecouter/voir Mark Lanegan :
Hit The City
Down In The Dark
Untitled Lullaby
Wedding Dress
Ugly Sunday
Resurrection Song
Lien Deezer
Sortant tout juste d’une overdose musicale Laneganienne qui dura une bonne quinzaine de jours, je profite des effets toujours présents de cette drogue là, pour vous parler de l’une de mes plus belles découvertes musicales.
Connaissant auparavant la participation de Lanegan au sein des Screaming Trees et des Queens Of The Stone Age, je n’ai réellement découvert l’artiste qu’avec l’excellentissime album "I’ll Take Care Of You" qui, de prime abord m’a littéralement fascinée. Ce quatrième opus d’une discographie solo paru en 1999 chez Sub Pop, n’est autre qu’un album de reprises folk (d’artistes tels que Tim Hardin, Buck Owen, Brook Benton et surtout Jeffrey Lee Pierce que Lanegan affectionne particulièrement.) interprétées avec le plus grand brio que l’on puisse imaginer. Nous avons droit ici à une avalanche de sensations et sentiments différents véhiculés par cette si éblouissante voix, allant d’une intonation rassurante et libératrice (Carry Home), langoureuse et décidée (I’ll Take Care Of You), au summum de la tristesse et de la fatalité (Shanty man’s life) pour atteindre une certaine tendresse et supplication (Consider Me). Saluons aussi la nonchalance et la (magique) nostalgie que dégage Shilow town.
Mais, avant et après cet album là, plusieurs bijoux sonores ornent la discographie de Lanegan. Penchons nous donc sur l’imposant parcours solo du Monsieur :
En 1990, Mark Lanegan est alors membre à part entière des Screaming Trees, et a déjà sorti quatre albums avec le groupe, pourtant, avec Kurt Cobain, et Krist Novoselic, il forme The Jury. Un groupe reprenant les chansons du bluesman Leadbelly. Malheureusement, le projet n’aboutit à rien et est vite abandonné.
Néanmoins, les deux musiciens collaboreront tout de même avec Lanegan et figureront sur son premier opus (Novoselic tiens la basse sur Where Did You Sleep Last Night et Cobain chante sur Down in The Dark) sorti la même année chez Sub Pop et appelé The Winding Sheet. Un disque plutôt bon dans l’ensemble quoiqu’un peu brouillon et pas vraiment transcendant. De très bonnes chansons y figurent, je pense notamment à Ugly Sunday et son atmosphère totalement sombre, ou à l’excellente The Winding Sheet et son chant chargé d’intensité. D’autres titres sont au contraire fort dispensables, tel que Eyes Of A Child que je trouve à mon sens plutôt ennuyeuse.
Figure également sur l’album une reprise de Leadbelly (quelle surprise!) qui n’est autre que la magnifique Where Did You Sleep Last Night réinterprétée avec brio.
Quatre années plus tard, Whisky For The Holy Gost sort. Une véritable perle dans la vaste discographie de l’artiste. L’opus transpire le mal de vivre, la mélancolie et la tristesse. La chose commence calmement sur de drôles de sifflements qui laissent bien vite place à un doux morceau très bien interprété. Le ton n’est donné qu’à partir de Borracho. Mon favori. Un titre d’une intensité surdimensionnée, d’une voix inhumaine de part sa force et complètement bluffante. Les textes de Lanegan sont d’une qualité indéniable. Extrait :
Here comes the devil, prowl around
One whiskey for evey ghost
And I'm sorry for what I've done
Cause it's me who knows what it cost
It breaks and it breathes, and it tears you apart
It bites and it bleeds
And this desert turns to ocean over me
Kingdom Of Rain quant à elle, incarne le malheur et la tristesse à l’état pur. Le chant n’y est d’ailleurs pas comme à son habitude. Pas spécialement fort, pas violent et pas tellement vif, mais plutôt doté d’une douceur et d’une tendresse qui vous feraient presque chialer.
Saluons la prestation vocale de Lanegan sur la poussiéreuse Riding the Nightingale semblant sortir tout droit d’un mauvais rêve angoissant.
Le merveilleux cheminement de l’album continue avec Dead On You qui passe comme une lettre à la poste. Qui peux résister à une sinistre et si jolie ballade ?
L’album prend fin sur Sunrise une super chanson pleine de la nostalgie transportée par des notes de saxophone.
Un excellent album donc, beaucoup plus travaillé que le précédent, et usant d’instruments musicaux plus variés.
1995, Mike McCready (guitariste de Pearl Jam) et Layne Staley (chanteur d’Alice In Chains) fondent Mad Season. Ces derniers inviteront alors Lanegan à les rejoindre sur ce projet, chose qu’il fit en posant sa voix sur les deux superbes morceaux que sont Long Gone Day et I’m Above et qui figurent sur l’unique album du groupe Above. Album qui soit dit en passant est un pur chef d’œuvre. Absolument rien à jeter.
Alors, Long Gone Day est l’archétype du titre mélancolique à souhait que l’on écoute en rêvassant un soir d’été, alors que l’air est tellement sec qu’il vous en coupe presque le souffle.
L’énergique I’m Above et son indélébile refrain est sans aucun doute l’un des titres les plus réussis de l’album, le voix de Lanegan y est tout de même plutôt effacée mais néanmoins reconnaissable.
Cette année là, Johnny Cash lui proposa même d’ouvrir pour lui lors des deux concerts qu’il donnât à Seattle. Lanegan accepta bien entendu, et les deux soirées furent fort réussies.
Il faudra attendre 1998 pour pouvoir entendre à nouveau le bonhomme chanter en solo (car durant ces trois années d’absence, les Screaming Trees sortiront Dust leur septième et dernier album).
Ce troisième opus s’appelle donc Scraps at Midnight et est au moins aussi superbe/mélancolique/beau que le précédent. Un album dont on ne se lasse pas facilement, et dans lequel on trouve toujours un petit quelques chose à redécouvrir que l’on aurait manqué lors des précédentes écoutes. Une atmosphère bien particulière vous possède et vous malmène tout au long du disque, mais on ne peut s’empêcher d’en redemander encore et encore.
A noter le superbe morceau Last One In The World à travers lequel Lanegan exprime sa tristesse et son malheur face à la perte de deux de ses amis, Kurt Cobain et Jeffrey Lee Pierce :
Goodbye my friend, thank you for the dream
The last one in the world
I hear you cry
But let's not waste this night
The last one in the world
En 1999, sort I’ll Take Care Of You, un album rendant hommage à la musique folk qui berça l’enfance le Lanegan.
Le cinquième album sort enfin en 2001 et se nomme Field Songs.
Dès le premier titre, on remarque qu’il y a du changement. Le son est plus clair, plus net et plus mature. On suppose que Mark va de l’avant.
One way Street est d’une exquise douceur, et nous annonce dores et déjà que l’album sera beau.
No Esay Action est un titre bien particulier. Lanegan y déverse ses mots avec fureur, en les entremêlant à de mystiques voix féminines. Le mariage est fantastique.
S’enchaînent une suite de langoureuses chansons ou l’on se délecte encore et toujours de cette si particulière manière de chanter que seul Mark a.
Kimiko's Dream House (écrite en collaboration avec Jeffrey Lee Pierce peu de temps avant sa mort) est certainement l’une des plus délicieuse ballade de l’album.
Lanegan nous livre encore une fois un excellent opus dont on peut difficilement se passer.
Sort en 2004 le sublimissime Bubblegum sur lequel ont participé Nick Oliveri, Greg Dulli, PJ Harvey, et Josh Homme entre autres. Album encore une fois différent des autres, plus hargneux, plus électrique.
Des titres comme Hit The City, Métamphétamine Blues, Head ou encore Death Valley Blues sont totalement explosifs ! Des riffs de guitares endiablés, des rythmes effervescents et toujours cette voix ravageuse.
Et évidemment, présents sur l’album, des titres plus tristes et calmes dans le style du magnifique Wedding Dress ou encore Come To Me.
L’album contient aussi un titre plutôt intriguant, un certain Can’t Come Down. Le chant y est imperturbable, décidé et posé tandis que le rythme et les riffs sont oppressants, suffocants et menaçants. Le plus intriguant réside dans le fait que le titre est une réussite totale. Mon gros coup de cœur de l’album.
Mark Lanegan a également collaboré avec Isobel Campbell (ex-Belle & Sebastien) à deux reprises et a donc sorti Ballad of the Broken Seas et Sunday at Devil Dirt.
Il a de plus, enregistré un album (Saturnalia) et un EP (Adorata) en compagnie de Greg Dulli (Afghan Whigs) sous le nom des Gutter Twins.
Ecouter/voir Mark Lanegan :
Hit The City
Down In The Dark
Untitled Lullaby
Wedding Dress
Ugly Sunday
Resurrection Song
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