Red Hot Chili Peppers – Mother’s Milk

Année: 1989
Label: EMI
Genre: Funk rock
On ne peut parler du contenu de cet album sans aborder le dramatique contexte dont il est issu.
25 juin 1988, Hillel Slovak, guitariste des Red Hot Chili Peppers, meurt d’une overdose d’héroïne à l’âge de 26 ans. Jack Irons, le batteur, quitte le groupe quelques mois plus tard, abattu par la douleur...
Anthony Kiedis et Flea (les deux membres restants), touchés par le deuil, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes pendant de longs mois et l’histoire des Red Hot Chili Peppers a bien failli s’arrêter là.
Heureusement, le destin fit se rencontrer Flea et un certain John Frusciante, jeune guitariste bourré de talent. La sauce prend immédiatement entre ces deux là, c’est l’entente parfaite, l’amitié immédiate.
Après des dizaines d’auditions, c’est le batteur Chad Smith qui rejoindra la formation et les Red Hot Chili Peppers sont de nouveau au complet et prêts à conquérir le monde.
L’enregistrement de Mother’s Milk n’a pas été simple en raison de nombreux différents entre Frusciante et le producteur Michael Beinhorn. En effet, ce dernier aurait imposé une tonalité funk metal au guitariste, qui n’était pas la sienne et qui ne lui plaisait pas du tout. Ceci explique peut-être pourquoi cet album est mal aimé de ses géniteurs et pourquoi ceux-ci refusent encore aujourd’hui de jouer certains morceaux extraits de l’album.
Et pourtant, mal aimé ou non, Mother’s Milk est l’album qui a lancé véritablement la carrière du groupe et il est, à mon sens, leur deuxième meilleur opus (derrière Blood Sugar Sex Magik bien sûr, sorti deux ans après).
Ce qui me plait avec cet album, c’est qu’il part dans tous les sens. On reconnaît bien ici l’excentricité qui a toujours caractérisé le groupe, les Red Hot sont déchaînés et s'en donnent à cœur joie.
On retrouve ainsi un enchaînement de titres plus différents les uns des autres, allant d’un rock déluré (Nobody Weird Like Me) à un funk rock sexy (Good Time Boys) en passant par un hip hop survitaminé (Subway To Venus), un punk rock énergique (Punk Rock Classic) ou une bombe métal pop emprunté à Stevie Wonder (Higher Ground). Ajoutez à cela un hommage humoristique à Magic Johnson et une reprise d’Hendrix (Fire) et vous aurez une petite idée du joyeux bordel qu’est Mother’s Milk.
Cet album est bordélique certes, mais nos compères y jouent remarquablement bien.
Flea et Frusciante viennent de se rencontrer mais l’entente musicale est déjà parfaite. Frusciante excelle, même dans un style qui n’est pas le sien, en agrémentant la plupart des titres de petits solos métal, de riffs énergiques et puissants ou de giclées groovy. Flea est remarquable de rigueur, de puissance et de technicité lui aussi. La classe de Kiedis et la force tranquille de Chad Smith ne sont que la cerise sur le gâteau.
Bref, les Red Hot reviennent de loin avec cet album. Bien que mal aimé, il n’en est pas moins génial et kiffant, une vraie petite bombe sonique à mon goût.
Higher Ground live
Subway to Venus live