Demians + Anathema au Splendid de Lille

Qu'est ce que j'ai pu attendre ce concert... Anathema faisant largement parti de mes groupes préférés, il était grand temps que je les vois sur scène.
Le concert se déroule donc au Slendid de Lille, le 2 novembre dernier, la salle de taille moyenne est idéale pour ce genre de concerts, assez intimistes en général. Quelques places assises jonchent le milieu de la salle mais hors de question pour moi d'assister à un concert affalée dans un fauteuil. Il y avait du monde ce soir là, le Splendid était presque bondé de rockeurs en tous genres.
Très rapidement, Demians entre sur scène et a la lourde tâche de chauffer la salle. Vous l'ayant présenté en Jukebox il y a quelques jours, je ne vais pas m'étendre sur le groupe mais faire un bref rappel.
Demians, dans la lignée des groupes comme Anathema, Antimatter & co, officie dans un style rock progressif, ambiant et mélancolique. Sur scène, c'est un groupe qui envoie bien, la musique est agréable à écouter, la voix posée, le groupe sympatoche et communicatif... Mais certains morceaux traînent et retraînent en longueur, sont un poil rébarbatifs et j'ai un peu décroché du concert après avoir ingurgité quelques morceaux d'une dizaine de minutes chacun.
Bref, le public est tout de même content, - bonne ambiance à Lille ce soir là -, et attend avec impatience l'arrivée d'Anathema.
Une demi heure se passe, les lumières s'éteignent encore une fois avant de laisser place à des lumières bleu nuit et à une musique [pré-enregistrée] planante assortie d'une très belle voix féminine. Cette mise en bouche excite la salle qui n'en peut plus d'attendre et au bout de quelques minutes Anathema fait enfin son entrée sur scène.
C'est Deep qui ouvre le bal, très bon morceau pour commencer qui monte en puissance (ou en émotions devrais-je dire) au fil des secondes. Closer prend la relève, malheureusement pour moi c'est un des titres d'Anathema que j'aime le moins où Vincent chante dans un micro à effets qui lui donne une espèce de voix de robot insupportable. Dommage, parce que la musique est parfaite.
Vient ensuite Far away, titre au chant suppliant et à la mélodie particulièrement triste, suivi de deux nouveaux titres; Angels walk among us et A Simple Mistake et on continue dans la série des morceaux mélodiques et doux, trop doux au bout d'un moment et mon impatience grandit, j'ai une putain d'envie de riffs énervés et de morceaux un peu plus « violents ».
Anyone Anywhere arrive et on ne peut être que charmé par son duo guitare/piano qui finit par exploser en puissance.
Et le moment que j'attendais tant arrive enfin, Anathema s'énerve avec Empty, morceau que j'affectionne beaucoup par la puissance et la rage qui s'en dégagent.
Judgement et Panic s'enchaînent à merveille et foutent le feu. Après quelques morceaux doux et mélodiques, la salle a l'air d'apprécier quand Anathema rugit un bon coup.
Les envolées de piano réapparaissent brièvement avec Shroud of false, morceau magnifique qui apaise toute la salle, suivi de Lost Control qui, de par sa beauté, enfonce le clou... et mes premières larmes coulent.
Avec Regret et Hope, Anathema se ne lasse pas de nous proposer des titres aux mélodies incroyables, et nous ne nous en lassons pas non plus.
Temporary Peace marquera la phase où je n'ai pas arrêté de chialer comme un bébé, en passant par Flying, Are You There (chanté par Danny seul à la guitare, très beau moment) et One Last Goodbye, qui représentent un peu à mes yeux les morceaux suprêmes d'Anathema, ceux dont je ne pourrais jamais me lasser tellement ils sont exceptionnels (oui je ne lésine pas sur les compliments).
Angelica apparaît alors et la salle reprend un peu d'énergie avec des riffs de guitare énervées, une mélodie prenante et une musique qui monte superbement en puissance au fil des secondes. Et Fragile Dreams prend parfaitement bien la relève, encore un des titres que j'aime le plus de par son énergie et sa puissance tout en progression.
Anathema achève son show (qui aura duré presque 2 heures) en beauté avec une reprise des Floyd, Comfortably Numb, qui enthousiasma toute la salle.
Bref, vous aurez compris que j'ai été totalement séduite par ce que j'ai vu et entendu. Nous avons eu à faire à un groupe très communicatif, très heureux d'être là, à un Vincent déchaîné et extraverti qui n'a pas hésité à envoyer quelques notes d'humour entre deux titres ou à se trainer par terre quand il entrait en transe au milieu d'un morceau, et à un Dany tout aussi sympathique, souriant et reconnaissant surtout, mais plus perfectionniste que son frangin (toujours à bidouiller et à accorder sa gratte, à faire des signes à l'ingé son pour modifier tel ou tel truc).
Anathema est le premier groupe qui aura réussi à me faire pleurer pendant un concert [et je sais que je n'ai pas été la seule]. Leur musique toute en nuances est tellement riche en émotions, en énergie, en puissance, et leurs textes sont tellement beaux que ça en devient fatal. Pas besoin de fioritures, Anathema assure humblement.
Anathema est un groupe de scène, super communicatif qui sait donner au public et je crois que ce soir là nous le lui avons bien rendu.
http://www.anathema.ws/