Pain Of Salvation - Scarsick
Allez hop. Il est bientôt 2h du matin, j'ai pas envie d'aller dormir. Et j'ai un bon gros casque hifi sur les oreilles, le son 20dB trop fort.
Je redécouvre ce putain d'album, presque 2 ans après sa sortie, alors que je ne l'avais trouvé que "moyen" à l'époque.
Allez, Play. Ecriture à chaud, on ne revient pas sur un seul mot.
Scarsick
Dès les premières secondes, l'espace est rempli, les effets de type wah s'empilent et se mélangent, le son s'annonce lourd. Puis l'explosion. De la rage, de l'envie d'en finir, d'en découdre avec le monde entier. Les riffs sont agressifs, la basse s'impose... On alterne couplets "calmes" et syncopés, cadencés par des paroles enervées, et refrains parmi les plus hargneux composés jusque là. Et pourtant, du côté vocal, le summum de l'album n'est pas encore atteint.
Le soucis du détail dans la production, dans les ambiances, les sons "d'arrière plan", est presque effrayant, l'atmosphère créée est complexe et pénétrante.
Spitfall
Un peu plus déroutante, la chanson commence directement sur un chant au débit très rapide, presque rap. L'instrumentation est au début plus classique, plus accessible, mais la tension a le temps de doucement s'installer. De retomber un peu d'abord, pour quelques minutes de pont. Puis de remonter d'un coup, avec toujours plus de hargne et de passion dans la voix. Guitares, basse, batterie s'emballent à l'arrière, accompagnant le réquisitoire enflammé de Gildenlöw.
Cribcaged
Apparemment, le ptit Daniel en a encoregros sur la patate. Malheureusement, la chanson commence sur une touche de niaiserie mélangée à une intro pop-FM. Grrr. Je n'ai jamais apprécié ce début de morceau... Allez, on enchaine. Ah, beh voila. Heureusement que le crescendo nous sauve du désastre. Un peu de pesanteur, un son plus épais, et une bonne grosse deuxième partie qui donne envie de crier en levant les poings. Avant la troisième partie qui pousse presque à hurler sur les voisins endormis.
Que du bon. Mais coupez moi ces 2 premières minutes de merde.
America
Longtemps que je n'avais pas écouté ce morceau un peu "blague". A moitié lourd et bien metal, à moitié... grosse blague. Le couplet me donne des spasmes cervicaux. Je perds le contrôle de mon headbang. Le refrain quasiment "country" et ses choeurs comiques fait apparaitre un rictus sur mon visage.
Maus qu'est ce que c'est que ce truc ? Qu'avez vous pris comme champignons, comme herbe à chats, comme petite pilule bleue ?
J'aime. C'est n'importe quoi. Décomplexé. Un groupe qui a décidé de ne plus du tout se prendre au sérieux pour quelques instants. Et qui le fait bien.
So fucking impressive.
Disco Queen
<S'ensuivent 8 minutes où Cookie saute partout en criant, s'essaie à des chorégraphies ridicules, alterne voix de baryton et de fausset, shake son booty.>
Quel est le con qui a décidé de faire du "disco-metal", et... d'en faire quelque chose d'irrésistible pour les jambes ?
Oooh-Oooh-Ooohoohooo, AAAAH !
Bon. Pain of Salvation a pété son plomb. Il fallait bien que tout cela explose à un moment ou un autre. C'est audacieux, plutôt pas mal réussi, touchant même parfois une corde sensible, jusqu'à procurer d'immenses poussées d'adrénaline, un sourire béat aux lèvres.
Kingdom of Loss
... mais commence maintenant la partie "sérieuse" de l'album, avec Kingdom of Loss. Plus sensible, plus calme, le morceau a un faux air d'interlude, de simple transition. On y a droit à des petits speechs de Gildenlöw (on aime ou on aime pas...), entrecoupés de refrains pas des plus complexes, mais bourrés d'émotions. A ras bord.
Les guitares se font lancinantes, permettant une ambiance plus intime, avant de culminer dans un solo tout en finesse, introduisant un final explosif et intense. Grosse frustration : le fade final qui arrive bien trop tôt, et prive de quelques secondes de frissons. Grrr.
Mrs Modern Mother Mary
Un morceau plus classique, accessible et assez conventionnel dans sa structure. Ici, c'est le travail des sonorités qu'il faut noter, au niveau des arrangements de voix sur certains couplets. Rien d'autre à dire. Next.
Idiocracy
Mmmh, un petit bijou celle là. On croirait un morceau tout droit sorti de l'ambiance de "One Hour By The Concrete Lake" : ambiance quasi-apocalyptique, atmosphère pesante et claustrophobe, sonorités industrielles et metalliques, guitares lourdes, on sentirait presque le frisson d'angoisse de celui qui découvre un monde condamné. Les voix sont oppressantes, tantot éthérées, tantot hurlées dans un déchirement de rage ou de torture, tantot graves et définitives...
Le refrain tombe étrangement au milieu de tout cela, pouvant presque donner une lueur d'espoir dans ce lieu étouffant... S'il n'y avait pas cette batterie lourde à l'arrière, et cette étrange sentiment de malaise, nous rappelant vite à l'ordre. Le final puissant et émouvant achève de m'arracher des frissons, et je ne serais pas très loin des larmes. Bande d'enc*lés.
Flame To The Moth
Un tout autre registre. Encore une ambiance de malaise, de dissonances. Un riff tranchant et un couplet tout en crescendo plus tard, le couperet tombe, avec le seul refrain "hurlé" jamais chanté par le ptit mec. De la rage à l'état pur. Envie de hurler, de déchirer mes rideaux et de mettre un coup de boule dans l'armoire.
Tout continue de monter, de prendre plus d'ampleur. Les instrumentations se font plus puissantes, mais c'est toujours ces voix, ces foutus voix se superposant, se répondant, se complétant, qui font la majorité du boulot.
Ce mec est bon.
Enter Rain
C'est parti pour l'instant déprime, avec le dernier morceau de l'album, le plus "soft" musicalement, où l'on parle du suicide du personnage principal (oui, c'est un concept album, mais j'avais la flemme d'en parler.)
Daniel Gildenlöw est intégralement dans son personnage, à tel point qu'on se demande s'il chante son texte ou le déclare sur une scène de théâtre.
Le refrain est d'une simplicité à mourir (haha), mais aussi d'une puissance impressionnante. Encore une fois, les arrangements sont millimétrés, l'ambiance est complexe et travaillée, on est dans le tragique, le désespéré. Crescendos, moments plus calmes, re-explosions, puis tout s'arrête. La prochaine fois que vous emmenez mon adrénaline dans des montagnes russes, je vous fais un procès.
Bref. Une réécoute quelques mois plus tard, c'est toujours bon à prendre. Ici, les compositions sont un peu moins inspirées que dans les précédents opus, avec moins de délires progs, de mélodies fantastiquement envoutantes ou de rythmes complexes... Mais en revanche, une production bien plus soignée, des ambiances travaillées à un point incroyable, un son très épais, très lourd de temps à autres, et... Daniel Gildenlöw au top de sa voix, y mettant plus d'émotion que jamais. Son travail sur les parties vocales, qu'il s'agisse de la composition (vu le nombre de styles abordés) ou de l'interprétation, et du coeur mis à l'ouvrage... Je reste absolument époustouflé.
L'album est loin d'être parfait. Pour du Pain Of Salvation, j'ai quand même entendu beaucoup mieux. Mais ils ont pris de sacrés risques, se sont décomplexé, ont purement travaillé sur l'aspect émotionnel. Et vu ce que je viens de me prendre dans la tête pendant la dernière heure... pourquoi pas ?
Et cette voix. Putain. Cette voix.
A vous les studios. Il est 3h08 !
Disco Queen
Idiocracy
Spitfall
Pour info, le groupe est actuellement en train d'envisager son prochain album, et sort un DVD live en janvier prochain. Youpi !