Placebo - part Three
Proposé par Lolaboy-105375 le 29/01/2009

Nouvelles envies, nouvelles drogues?
Bon, la dernière fois, je vous avais quitté avec un monument du rock, l’album Without You I’m Nothing. Aujourd’hui, je m’attaque à une époque qui correspond à ce que beaucoup de personnes appelleraient le « déclin » du groupe. Pour pas mal de fans, la musique du groupe devient moins intéressante avec le troisième album. Or, il se trouve que, loin de penser de la même manière, je considère Black Market Music comme la dernière œuvre majeure de Placebo.
Musique vendue sous le manteau
A la fin des années 90, Placebo a en deux albums suscité de grands espoirs au sujet du renouveau de la scène rock britannique, et évidemment le troisième album était très attendu. Le groupe n’avait jamais caché son envie de changer, de s’inspirer d’autres genres : électro, jazz, hip hop. Chose faite avec la sortie de Black Market Music, où de nombreux changements sont apportés, même s’ils ne sont pas forcément flagrants pour quelqu’un qui ne connaît pas le groupe:
- Le premier concerne… les textes! Dans les deux premiers albums, Brian Molko chantait ses dilemmes, son humanité, sa rage. Tout était très intériorisé, très personnel. Et ce qui a déplu à un certain nombre de personnes qui suivaient le groupe, c’est que désormais, il se tourne vers le monde extérieur, et parle de religion, de politique, du racisme.
- Deuxième point, la production est plus léchée, et cet album augure les albums suivants, mais sans tomber dans quelque chose de trop «formaté radio». Cela ne viendra surtout qu’avec les albums suivants, dont le détestable Sleeping with Ghosts qui a fait une très mauvaise pub au groupe (auprès d’un public critique, pas des teenagers).
- Enfin, apparaissent dans cet album des incursions dans des genres différents, qui ne plaisent pas toujours au public traditionnel du groupe. Je pense surtout au duo avec un chanteur de hip hop sur le titre Spite & Malice, mais aussi à des ballades pop comme Commercial for Levi ou Blue American.
Bon, la dernière fois, je vous avais quitté avec un monument du rock, l’album Without You I’m Nothing. Aujourd’hui, je m’attaque à une époque qui correspond à ce que beaucoup de personnes appelleraient le « déclin » du groupe. Pour pas mal de fans, la musique du groupe devient moins intéressante avec le troisième album. Or, il se trouve que, loin de penser de la même manière, je considère Black Market Music comme la dernière œuvre majeure de Placebo.
Musique vendue sous le manteau
A la fin des années 90, Placebo a en deux albums suscité de grands espoirs au sujet du renouveau de la scène rock britannique, et évidemment le troisième album était très attendu. Le groupe n’avait jamais caché son envie de changer, de s’inspirer d’autres genres : électro, jazz, hip hop. Chose faite avec la sortie de Black Market Music, où de nombreux changements sont apportés, même s’ils ne sont pas forcément flagrants pour quelqu’un qui ne connaît pas le groupe:
- Le premier concerne… les textes! Dans les deux premiers albums, Brian Molko chantait ses dilemmes, son humanité, sa rage. Tout était très intériorisé, très personnel. Et ce qui a déplu à un certain nombre de personnes qui suivaient le groupe, c’est que désormais, il se tourne vers le monde extérieur, et parle de religion, de politique, du racisme.
- Deuxième point, la production est plus léchée, et cet album augure les albums suivants, mais sans tomber dans quelque chose de trop «formaté radio». Cela ne viendra surtout qu’avec les albums suivants, dont le détestable Sleeping with Ghosts qui a fait une très mauvaise pub au groupe (auprès d’un public critique, pas des teenagers).
- Enfin, apparaissent dans cet album des incursions dans des genres différents, qui ne plaisent pas toujours au public traditionnel du groupe. Je pense surtout au duo avec un chanteur de hip hop sur le titre Spite & Malice, mais aussi à des ballades pop comme Commercial for Levi ou Blue American.

Titre par titre
Black Market Music, écrit à la fin de l'année 1999, enregistré en 2000 sous la production de Paul Corkett aux studios Olympic de Londres, sort le 09 octobre 2000.
Premier single, qui va nourrir les espoirs des fans (car il sort avant l’album), le titre Taste in Men annonce un virage électro. Les paroles provocantes «change ton goût pour les hommes», une ambiance malsaine et lourde, tendue semblent annoncer un album à son image. Superbe morceau, mais l’album se révèle en fait beaucoup plus hétérogène que les précédents.
Days before you came, nous le montre : grosses guitares, grosses saturations, pas du tout à l’image du morceau précédent. Plutôt bon, ce titre reste en deçà de ce à quoi le groupe nous a habitué.
Dans le même esprit, mais bien meilleur: Special K, un morceau qui va tourner en boucle à la radio, et sur les chaînes musicales. C’est drôle de voir que les gens connaissent mieux les morceaux pourtant moins bons de l’album suivant , comme This picture, ou The bitter end. Special K c’est meilleur pour la santé (même si le morceau parle d’addiction à la drogue, les «special K» :)
Spite & malice ensuite, le morceau en duo avec Justin Warfield, chanteur de hip hop. Un très chouette morceau, mais un ovni dans tout ce qu’a fait le groupe!
Passive agressive, dans la même veine que Days before you came, même commentaire en un peu mieux!
Aha, un morceau que j’adore (parmi tant d’autres): Black-eyed. Une atmosphère et des paroles qui ne sont pas sans rappeler l’univers des précédents albums, mais avec un son plus lourd, et des synthés très présents. J’A-D-O-R-E (oui je me répète) !
Blue American, une ballade dédiée à sa mère. Joli et bon morceau.
Slave to the Wage, le morceau efficace par excellence: on écoute et ça ne sort plus de la tête. Un air un peu enjoué, des paroles presque positives. La chanson est superbe, mais on a du mal à reconnaître l’univers glauque du groupe!
Commercial for Levi, autre ballade, où contraste la mélodie très bon enfant avec des paroles sur la drogue et la mort qui guette. Comme pour la majeure partie de l’album, c’est vraiment un bon morceau.
Haemoglobin, morceau sur le racisme, où un noir pendu se bat pour vivre dignement ses derniers instants. Le morceau est génial. Mais le texte si éloigné de l’univers du groupe a fait grimacer les fans. Dommage.
Narcoleptic, ambiance électro: jazzy. Belle mélodie comme toujours. Très mélancolique, et très beau morceau.
Il est suivi par Peeping Tom, tout aussi mélancolique, qui parle du quotidien d’un voyeur, conscient de sa médiocrité en cet instant où il scrute les femmes. Ce morceau est magnifique, et clôture superbement l’album avec la même note électro que Taste in Men.
Black Market Music, écrit à la fin de l'année 1999, enregistré en 2000 sous la production de Paul Corkett aux studios Olympic de Londres, sort le 09 octobre 2000.
Premier single, qui va nourrir les espoirs des fans (car il sort avant l’album), le titre Taste in Men annonce un virage électro. Les paroles provocantes «change ton goût pour les hommes», une ambiance malsaine et lourde, tendue semblent annoncer un album à son image. Superbe morceau, mais l’album se révèle en fait beaucoup plus hétérogène que les précédents.
Days before you came, nous le montre : grosses guitares, grosses saturations, pas du tout à l’image du morceau précédent. Plutôt bon, ce titre reste en deçà de ce à quoi le groupe nous a habitué.
Dans le même esprit, mais bien meilleur: Special K, un morceau qui va tourner en boucle à la radio, et sur les chaînes musicales. C’est drôle de voir que les gens connaissent mieux les morceaux pourtant moins bons de l’album suivant , comme This picture, ou The bitter end. Special K c’est meilleur pour la santé (même si le morceau parle d’addiction à la drogue, les «special K» :)
Spite & malice ensuite, le morceau en duo avec Justin Warfield, chanteur de hip hop. Un très chouette morceau, mais un ovni dans tout ce qu’a fait le groupe!
Passive agressive, dans la même veine que Days before you came, même commentaire en un peu mieux!
Aha, un morceau que j’adore (parmi tant d’autres): Black-eyed. Une atmosphère et des paroles qui ne sont pas sans rappeler l’univers des précédents albums, mais avec un son plus lourd, et des synthés très présents. J’A-D-O-R-E (oui je me répète) !
Blue American, une ballade dédiée à sa mère. Joli et bon morceau.
Slave to the Wage, le morceau efficace par excellence: on écoute et ça ne sort plus de la tête. Un air un peu enjoué, des paroles presque positives. La chanson est superbe, mais on a du mal à reconnaître l’univers glauque du groupe!
Commercial for Levi, autre ballade, où contraste la mélodie très bon enfant avec des paroles sur la drogue et la mort qui guette. Comme pour la majeure partie de l’album, c’est vraiment un bon morceau.
Haemoglobin, morceau sur le racisme, où un noir pendu se bat pour vivre dignement ses derniers instants. Le morceau est génial. Mais le texte si éloigné de l’univers du groupe a fait grimacer les fans. Dommage.
Narcoleptic, ambiance électro: jazzy. Belle mélodie comme toujours. Très mélancolique, et très beau morceau.
Il est suivi par Peeping Tom, tout aussi mélancolique, qui parle du quotidien d’un voyeur, conscient de sa médiocrité en cet instant où il scrute les femmes. Ce morceau est magnifique, et clôture superbement l’album avec la même note électro que Taste in Men.
Ashtray heart
Au final, Black Market Music se révèle être un excellent album, légèrement en dessous des autres, mais qui a le mérite d’explorer de nouvelles voies. On peut surtout lui reprocher le corollaire de cette recherche d’autres univers: l’hétérogénéité de l’album, où se mêlent de nombreuses ambiances, toutes différentes.
Mais c’est aussi un album où le groupe s’amuse à nous balader, avec habileté, d’une émotion à une autre, et c’est sans doute le dernier album en date qui mérite qu’on s’y arrête vraiment. La plupart des morceaux sont une vraie réussite, et la production n’est pas encore trop lisse, ce qui est appréciable!
Les albums suivants n’ont fait que caricaturer Black Market Music d’après moi, et même si le dernier s’en tire mieux que le 4e, je préfère attendre l’album prévu prochainement pour vous reparler de ce groupe qui, quoi qu’il arrive, restera toujours dans ma chair et dans mon cœur, avec ses trois premiers albums. De la même façon qu’un autre groupe (les Smashing Pumpkins), celui-là a transformé ma vie. Placebo je vous aime :)
Au final, Black Market Music se révèle être un excellent album, légèrement en dessous des autres, mais qui a le mérite d’explorer de nouvelles voies. On peut surtout lui reprocher le corollaire de cette recherche d’autres univers: l’hétérogénéité de l’album, où se mêlent de nombreuses ambiances, toutes différentes.
Mais c’est aussi un album où le groupe s’amuse à nous balader, avec habileté, d’une émotion à une autre, et c’est sans doute le dernier album en date qui mérite qu’on s’y arrête vraiment. La plupart des morceaux sont une vraie réussite, et la production n’est pas encore trop lisse, ce qui est appréciable!
Les albums suivants n’ont fait que caricaturer Black Market Music d’après moi, et même si le dernier s’en tire mieux que le 4e, je préfère attendre l’album prévu prochainement pour vous reparler de ce groupe qui, quoi qu’il arrive, restera toujours dans ma chair et dans mon cœur, avec ses trois premiers albums. De la même façon qu’un autre groupe (les Smashing Pumpkins), celui-là a transformé ma vie. Placebo je vous aime :)
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